Chapeaux feutres laine et poil – Fabrication

L’art du chapelier repose sur une spécificité de technologie et un nombre important de phases de fabrication, qui requiert des compétences particulières. Nous ne citerons que les principales. Le cycle complet de production nécessite, encore aujourd’hui, de 9 à 12 jours. Les feutres varient de poids selon leur qualité, le feutre souple et léger est très apprécié.

Il existe différents type de feutre: 

  • Les feutres laine sont composés de brins de laine agglomérés: le mérinos (aspect rêche par rapport au feutre poil), la mélusine (feutre duveteux), la feutrine.
  • Les feutres poils de même que le taupé sont de meilleure qualité et fabriqués à partir des poils d’animaux.
  • Le feutre mixte, confectionné à l’aide de poils et de brins de laine. Il a un aspect plus brillant et est plus souple que le feutre de laine.

Si on foule des brins de laine, ceux-ci s’entremêlent, se fixent entre eux par les aspérités qu’ils présentent et finissent par constituer un tissu de feutre. Les poils d’animaux ne possèdent pas naturellement cette propriété feutrante, sauf le poil de chameau (origine asiatique du feutre).

Pour les autres types de poils, cette propriété doit être développée : on imprègne les peaux préalablement débarrassées des poils grossiers d’une solution de nitrate de mercure, le  » secret « . Le secrétage effectué, le poil est coupé et peut être travaillé.

Au milieu du XIXe siècle, les premières bastisseuses mécaniques ont fait leur apparition : le principe reste le même que celui du travail manuel, conjuguer une action mécanique; les poils aspirés se fixent à la surface d’une cloche métallique percée de trous et recouverte d’une toile mouillée. Le souffle d’un aspirateur y retient solidement les poils qui sont alors arrosés d’eau chaude et ainsi collés les uns aux autres par la force centrifuge. La forme obtenue est ensuite raffermie ; on lui ôte tous les poils s’effilochant à l’extérieur. On répète plusieurs fois cette opération jusqu’à l’obtention du véritable feutre, bien peigné, lustré, prêt pour les stades successifs de teinture et de finissage.

Les opérations essentielles

« bastissage » : 100 grammes de poils sont projetés sur un grand cône de métal perforé, puis arrosés d’eau chaude. Ici naît la première forme dont la taille atteint environ 5 fois celle du futur chapeau. Pour bastir, l’ouvrier plaçait une première capade sur une toile mouillée, la  » feutrière « , appliquait au-dessus un papier humide puis une seconde masse de poils. En repliant la feutrière, la manipulant et la pressant entre ses mains en tous sens, il obtenait deux lames de poils entrecroisés ayant déjà une certaine consistance. Ces deux lames étaient soumises à un nouveau feutrage pour les réunir par leurs bords et affecter la forme de cloche recherchée.

« foulage »: après 5 à 6 heures de passages renouvelés entre des rouleaux arrosés d’eau bouillante acidulée, les cloches se feutrent définitivement et atteignent environ 30 à 40 cm. Elles deviennent alors résistantes et imperméables.
Le  » foulage  » se charge de donner à la cloche ébauchée la onsistance du feutre véritable, tissu homogène, résistant, élastique à la chaleur et inextensible à froid. Autrefois, le fouleur trempait la cloche dans une cuve remplie d’eau chaude acidulée. La réaction chimique combinée à de multiples manipulations et frottements entre les mains garnies de semelles de cuir, les « manicles », achevaient de donner à la cloche sa solidité.

Ces deux opérations transforment une masse de poils donnée ou « capade », un tissu de feutre ayant la forme d’une cloche. Pendant des siècles la réalisation en était entièrement manuelle.

L’opération de teinture du feutre peut, suivant le cas, s’effectuer aux différents stades de la fabrication, par ébullition dans un bain de couleur et ce, avec des produits chimiques et des méthodes permettant une pénétration parfaite de la couleur dans le poil. La teinture : elle fait appel au  » chimiste  » qui, par dosage des colorants chimiques, obtient la nuance désirée dans toute la  » tranche  » (l’épaisseur) du feutre.

 » dressage «  Les cloches de feutre teintes sont poncées au papier fin de silex si l’on désire un chapeau uni ras on bien conservées avec des poils mi-longs, si l’on désire un taupé. Elles sont prêtes à être façonnées par le chapelier.
Le feutre imprégné de vapeur est placé sur une forme en bois dont on le force à épouser les contours. Pour faire les bords, le chapelier teint l’étoffe sur le bas de la forme avec un lien solide et relève, en l’étirant, le feutre situé au-dessous de cette ficelle.
Dans la plupart des fabriques cette opération est effectuée de manière rapide par des dresseuses mécaniques (les chapeaux de paille aussi).

La « mise en tournure » se charge de donner au chapeau sa forme définitive. Le tournurier repasse le chapeau placé sur une forme en bois avec des fers chauds et une pattemouille. De multiples façons assurent ensuite le fini – nouveau ponçage, rasage pour obtenir un feutre velours… – avant la pose du galon dans l’atelier de garnissage. Le garnissage : consiste en la pose des bordures, cuirs et galons décoratifs.


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  1. Bonjour,
    Etant collectionneur de chapeau, je voudrais savoir si vous organiser des visites commentées afin d’en savoir un peu plus sur la fabrication des chapeaux.
    Merci pour votre retour.
    Très bonnes fêtes de fin d’année à vous.
    Meilleures salutations.
    Cédric Jossen

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